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Triathlon Olympique Club Cessonnais

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Ironman Zurich pour Pierre | 04 janvier 2007

Zurich, charmante petite bourgade suisse, dont la première particularité qui saute aux yeux quand on y pénètre est la proportion invraisemblable de véhicules de luxe au m². La deuxième étant bien sur la propreté omniprésente des lieux. Richesse et propreté, bonjour les clichés !

Début Juillet nous sommes donc à pied d'œuvre avec toute ma petite famille pour mon objectif de la saison, l'IRONMAN SWITZERLAND 2006. Nous logeons à l'auberge de jeunesse située à 5 mm à pied du départ. L'ambiance y est totalement TRI, vélos dans l'ascenseur, athlètes du monde entier à tous les étages, le bonheur.

 

Coupe du monde oblige, les matchs sont diffusés dans la grande tente du banquet. J'ai pu assister le vendredi au quart de finale Allemagne/Argentine avec 400 « germaniques» et ........
1 Argentin ! Voir ce supporter fêter le but Argentin débout sur sa chaise en faisant tournoyer son maillot ciel et bleu devant une assistance accablée fut un grand moment. La suite fut tout aussi prenante avec la tension qui monte avec les minutes qui passent, la libération de l'égalisation et la joie communicative de la victoire allemande. Demain c'est nous !

 

A Zurich, la journée du samedi est assez particulière. Avant le traditionnel dépôt des vélos dans le parc, se déroulent une petite dizaine de triathlons ! De l'avenir au CD, en passant par les courses féminines et les juniors, c'est une litanie de départs qui se succèdent à un rythme soutenu, générant un spectacle surprenant ou l'on fini par ne plus savoir quelle course on regarde !

 

Samedi soir, foot à la télé avec un groupe de français. On se couche tard mais ce n'est pas grave, on a gagné. De toute façon, si c'est pour faire la crêpe dans le lit jusqu'à pas d'heure.

 

Dimanche matin, réveil à 5heures. Petit déj avec du gatosport et 80 petits camarades dans une auberge en ébullition. Une petite marche à pied pour rejoindre le parc permet de savourer le petit matin suisse. La journée va être belle.
Le parc est déjà plein de vie quand je pose mon sac à mon emplacement pour préparer mes petites affaires. Il est déjà temps de prendre la direction de la plage pour le départ. En chemin je demande à mon voisin de fermer ma combi, il est japonais ! C'est ça l'Ironman.

 

A ce moment, je dois parler d'une des raisons qui m'ont poussées à m'inscrire un jour sur mon premier Ironman. ; ressentir l'excitation du départ, la montée d'adrénaline, en un mot vibrer grave. Raté !! Moi qui suis parfois tendu comme une corde à piano au départ du premier sprint régional (avec les symptômes associés.....), j'en suis à mon troisième Ironman et je ressens une totale plénitude au moment du départ. Je n'ai pas d'explication particulière à cet état de béatitude, mais finalement, ce n'est pas désagréable.

 

Donc, nous voila plus de 1800 à scruter l'autre coté de la berge pour tenter d'apercevoir la  première bouée et a essayer de se placer correctement pour éviter les deux barges qui nous barrent le passage 20 mètres après le départ. C'est parti. Mon état mental m'aide beaucoup à ne pas mettre les watts dès le départ et à adopter une cadence propice à durer plus d'une heure.
La natation est constituée de 2 boucles avec un passage près du parc à vélo sous un petit pont.
C'est joli, ça permet de faire coucou à la famille en passant, mais quand on se pointe à 200 pour passer sous 2 arches distante de 3 mètres, ça fait un peu ban de maquereaux coincés dans les filets ! Du coup, à un moment, je suis obligé de poser le pied à terre et je ressens tout de suite une douleur vive à un doigt de pied. Un petit passage sur le dos avec le pied en l'air (y'en a plus d'un qui a du se demander ce je faisais), pour ne rien voir du tout et je reprend ma course. Mon rythme est bon et je remonte constamment des concurrents, c'est bon pour le moral. Je résiste à l'envie de regarder mon chrono, car j'ai le sentiment de faire une perf. Je fini en accélérant les derniers cent mètres. Résultat 1h12, 2 minutes de mieux que mon meilleur temps ! Je suis radieux !

 

Une transition sans histoire, à part que je m'aperçois que je me suis arraché un ongle du doigt de pied et que ça saigne ! Petit flottement dans mon esprit, je met ma chaussette par-dessus et on verra bien.

 

Le vélo est constitué de 3 boucles de 60 kms avec 3 difficultés. Une longue montée de 5 kms à partir du 15eme kms, puis un faux plat montant de 4 kms et pour finir à 2 kms de l'arrivée une bosse de 900 m surnommée « heartbreak hill ». Un pourcentage très sérieux et une belle ambiance, même s'il ni règne pas la folie furieuse du Solarberg à Roth.
Ma natation m'a totalement boosté et je pars tout de suite sur un rythme soutenu. Ca tourne rond, sans efforts, à plus de 40 Kms/h. Je reprends rapidement beaucoup de concurrents, je suis euphorique. Etant arrivé le jeudi, je n'ai pas reconnu le parcours vélo, si bien qu'après être passé dans la première bosse, je me demande toujours ou se trouve la première vraie difficulté ! Bien sur, ce qui devait arriver, arriva. Au 50 éme, c'est le coup de bambou, les étoiles, les jambes en coton. A ce moment là, on ce dit que c'est pas vrai, je suis un âne bâté, mais qu'est-ce qui m'a pris ! Je décide de rouler deux tons en dessous, de manger et d'essayer de récupérer sans perdre trop de temps .J'y parviendrai finalement après 30 kms, mais j'ai vraiment eu peur d'avoir fait une grosse bêtise. Petit coucou à ma famille qui m'attend en haut de heartbreakhill , je vois brièvement dans leurs yeux que ma place ne doit pas être trop mauvaise et ça me fait plaisir de les voir heureux. Je reprends un bon rythme et je commence à envisager de boucler mon vélo en 6 h, ce qui était mon objectif. A 20 kms de l'arrivée, je me retrouve seul, face au vent, le nez dans le guidon à lutter contre la fatigue pour boucler mon affaire dans les temps. J'ai de plus en plus de mal à tenir la cadence et je voie mon compteur afficher un 28/29 Km/h qui ne me plait pas du tout ! Quand tout à coup j'entends du bruit derrière moi. Je me retourne et je vois 5 pèlerins consciencieusement installés dans mon sillage, sans doute depuis un bon moment. Colère ! Mais bon, je dois avouer qu'a ce moment, la fatigue et un manque de lucidité m'ont amenés à les laisser passer pour prendre leurs roues pour les 5 derniers kilomètres. On n'est pas des bêtes !
Je pose le vélo en 6 heures et 19 secondes, contrat remplit.

 

Arrive le moment de vérité. Sur mes deux précédent Ironman, le marathon n'a pas été spécialement rapide, 5h 35 à Gérardmer et 5h50 à Roth avec beaucoup de marche. Mon objectif est donc de courir en permanence, courir ou trottiner mais avancer. La course à pied est constituée de 4 boucles dans Zurich avec des passages dans la ville et surtout le long des plages ou le spectacle permanent des baigneurs (et baigneuses !), des baraques à frites et des promeneurs du dimanche assurent une occupation de l'esprit dans les moments difficiles. Malgré la chaleur qui n'est pas vraiment mon amie, ça ne démarre pas trop mal sur les 6 premiers kilomètres et puis, tout à coup, plus rien ! Je titube littéralement et je suis obligé de m'asseoir pour récupérer. A ce moment je me dis que l'affaire est mal engagée, mais après 2 minutes je repars en me disant que ce qui a marché pour le vélo devrait bien marcher pour la course à pied. Donc, manger et courir en attendant que ça se passe. Ca passera, mais pas bien longtemps car au 12 ème Kms, second coup de barre. Surviens alors un épisode qui fait le sel de ce genre d'épreuve ou la fatigue parvient à vous faire ressentir des sensations et des sentiments qu'on ne peut pas percevoir dans son état normal. Eprouvant le besoin de récupérer, je m'assois sur une clôture en bois avec en face de moi de l'autre coté du chemin qui fait deux mètres de large, un suisse d'une trentaine d'année confortablement assis sur son banc. J'en suis à essayer de me reprendre quand nos regards se croisent.
-C'est dur ?
-je suis cuit.
-vous êtes fou de faire ça.
-je n'arrive même plus à penser
-tu ne vas tout de même pas abandonner ! Il sourit doucement. Allez, un peu de courage, repars.
- Je lui rends son sourire et je me lève pour reprendre la course.
En fait, durant ces quelques secondes, aucune parole n'été prononcée. Ce dialogue je l'ai juste imaginé et ressenti grâce au regard de ce spectateur bienveillant qui lui pensait peut-être a bien autre chose !
Les ravitaillements se succèdent avec toujours un accueil chaleureux des bénévoles. Malgré l'adage qui dit qu'on ne doit jamais tenter quelque chose de nouveau sur une course, j'ai pris assez régulièrement du potage chaud. Ca désaltère bien et ça change du tout sucré. Malheureusement pour Jean-Yves, autre triathlète du club qui participe à son premier Ironman, le potage aura bien du mal à passer.
Au 25° kilomètre, un rapide calcul me permet d'envisager une arrivée en 12 heures.
Cette idée me redonne la pêche, mais pour cela il va falloir que j'accélère quand même un peu ! Il fait un peu moins chaud et je vais pouvoir allonger la foulée pour atteindre la vitesse invraisemblable de 10 km/h ! Au début du dernier tour je retrouve ma tribu toute contente de me voir dans de si bonnes dispositions et je crie à la volée à mes deux fils, Arthur et Charles, de se tenir prêt à l'arrivée pour satisfaire à la désormais traditionnelle photo d'arrivée en leur compagnie. Las ! Mes bonnes intentions n'auront résistés qu'une grosse dizaine de kilomètres. Les derniers hectomètres, malgré la proximité de l'arrivée, seront vraiment les plus durs de la course.
Malgré tout, cette dernière ligne droite avec mes fils à mes cotés et ma douce toujours présente représente un moment inoubliable. S'en suit un moment fugace ou la joie d'être encore au rendez-vous à l'arrivée, se dispute au regret de se dire : c'est déjà fini ? En effet, je trouve que sur un Ironman le temps s'écoule vraiment différemment au point qu'un effort d'une journée entière me semble paradoxalement assez court.
Je finis finalement en 12 heure 18 mm, pile poil dans la fourchette que je m'était fixé avant la course et, pour tout vous dire, très fier. Rien n'est plus satisfaisant que de décider, planifier et finalement réaliser un objectif, quelque soit son niveau. Je suis 845 ème sur les 1850 au départ. Surtout, j'ai pu surmonter 3 gros « coups de moins bien ». Ce qui prouve qu'il ne faut jamais lâcher l'affaire.
L'arrivée à Zurich est particulière car les organisateurs y on crées « l'Athletes Garden ».
C'est un endroit réservé aux compétiteurs qui comporte tout ce dont on a besoin à l'arrivée.
Douches, massages, restauration (très curieux d'ailleurs, on a très faim mais rien ne passe !), et surtout une vingtaine de jacuzzi pour 2 ou 3 personnes ou l'on peut enfin se délasser en discutant avec son voisin. Pour moi un espagnol avec qui j'ai fait toute la course, nos temps sont identiques, sans jamais le voir !
J'entends le speaker annoncer l'arrivée de Jean-Yves et je vais l'accueillir pour le féliciter d'être un IRONMAN FINISHER.
Voila le récit de ma petite journée.
Bon. Mais avec tout ça, je suis encore loin de la qualif !
Peut-être en 2007.
A Lanzarote.
Sur un malentendu.

Publié par tocc à 11:48:15 dans Archives | Commentaires (0) |

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