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La qualification en poche au mois de juin lors du circuit européen en République tchèque, c'est avec un grand enthousiasme que j'ai confirmé ma participation à la finale de la coupe du Monde à Mauï. Partant sur une destination inconnue, j'ai préféré faire confiance à l'association Triathlon Performance qui s'est occupée du voyage et du logement sur place.
Dès la fin août, tout était confirmé, ce qui laissait mon esprit plus libre pour la plannification des
entraînements et pour l'organisation familiale.
Nous sommes arrivés 15 jours à l'avance et nous avons profité du voyage pour assister dans un premier temps au mytique ironman d'Hawaï. Notre accueil sur l'île fut mémorable et très mouvementé puisque le lendemain de notre arrivée, nous avons été réveillés par un bruit sourd et continue, puis des vibrations dans tout l'appartement, mon cœur a dû monter à 180, je n'ai pas compris tout de suite qu'il s'agissait d'un tremblement de terre.
Curieusement, cela faisait plus de 20 ans qu'il n'y avait pas eu de séisme d'une telle magnétude (6.7) sur l'île. Dès le lendemain, les magasins écoulaient déjà des stocks de tee-shirts où l'on pouvait lire "I survived the quake"(ces américains ne ratent pas un moyen de faire du
business !) Les jours qui ont suivi ont été l'occasion de m'acclimater progessivement à la chaleur et à l'humidité. Je profitais de la fraîcheur matinale pour découvrir les alentours par des petits
footings à jeun dès 5 heures du matin. Ensuite j'allais partager le rituel d'une centaine de triathlètes venue des 4 coins du monde pour le fidèle rdv sur la plage du départ. Pour finir la matinée, je prenais un mega breakfast "all you can eat" chez Kimos family. La lourdeur du climat (et du petit déjeuner gargantuesque) me rendait assez flemmarde pour le reste de la journée. J'ai
profité de ces quelques jours de détente pour visiter le fameux parc national volcano et les
attractions locales. J'ai aussi dû me contenter d'un repos forcé pendant 4 jours à l'abri du soleil, en effet, mon visage n'a pas aimé l'exposition brutale du soleil tropical, bilan, 200$ dépensés chez un médecin généraliste où j'ai dû me rendre en urgence. Pour ce prix j'ai eu le droit à un check up complet et le diagnostic d'une allergie solaire. Heureusement en 3 jours mon visage a repris sa forme initiale...
Puis est arrivé le jour J pour certains membres de notre groupe, je l'ai vécu avec autant de stress et d'émotion. L'ambiance de l'ironman est mémorable surtout avant le départ avec les chants locaux, les prières, et soudain le coup de pistolet qui libère un millier de triathlètes. Toute la journée, accompagnée par d'autres accompagnateurs du groupe, j'ai encouragé, congratulé, acclamé. Si bien que le soir j'étais épuisée, dure la vie de spectatrice !
Changement de décor et direction Mauï, le jour J approchait à grands pas. Tout allait bien, j'étais zen et bien reposée de mon périple Hawaien. Sur Maui, c'est Olivier Marceau qui organisait le séjour. Il nous avait concocté une petite semaine cool avant la course.
Au programme, un traditionnel petit footing à jeun dès le matin, quelques petites longueurs en
bassin à la piscine municipale et en début d'après midi une reco vtt sur une partie du circuit. C'est en découvrant l'état de mes pneus tout neufs dès le premier jour que j'ai commencé à stresser. Le choix des pneus allait devenir déterminant pour l'épreuve. Je crois que le caractère aléatoire ne me mettait pas non plus en confiance, quelles étaient les chances ou la malachance de rouler sur une de ces caillasses volcaniques tranchantes ou sur une épine d'acasias (moi qui
détestait les probabiltés au lycée... je change ou je ne change pas ?
C'était décidé, à moins de 2 jours de l'épreuve, j'allais surtout faire confiance à ma bonne étoile (faut bien croire en quelque chose!)
La veille, en marge de la finale Xterra, était organisé un scramble (sorte de trail de chez nous) Ruben (mon chéri) en profita pour s'inscrire et tester le circuit CAP puique c'est la parcours qui nous attendait le lendemain. L'avantage, c'est que j'ai eu le droit à une reco en avant première et analysée histoire de nous mettre au parfum Au programme, une bonne grimpette interminable d'une vingtaine de minutes sous la chaleur tropicale, des cailloux tranchants et destabilisants,une forêt avec ses troncs d'arbes en embuscade et pour finir une magnifique plage de sable fin avant de revenir sur le flamboyant Maui Prince Hotel. Que du bonheur! Ruben finit à une honorable 14 ème place.
J'ai mis la position OFF pour le reste du samedi après midi, un petit plongeon dans la piscine de la résidence, et du repos au frais tout en finissant de préparer mes dernières affaires minutieusement, j'étais prête.
La pasta party de la veille n'a fait qu'agrandir mon impatience, nous avons eu le droit à une suberbe retrospective des épreuves Xterra organisées sur les différents continents (Saipan,
Sardaigne, Espagne, Afrique du Sud ...), Avec un vrai show lorsque vint le moment de la présentation des différentes nations! C'était très plaisant à regarder et surtout cela donnait un aperçu de la course du lendemain, je commençais à sentir l'anxieté arriver. J'étais partagée entre l'envie d'y être et aussi l'envie d'avoir terminé.
J'avais beau me dire que j'étais venue pour me faire plaisir, je voulais aussi offrir un résultat à la hauteur de mon investissement personnel et pour toutes les personnes qui suivaient mon déplacement et ce projet.
Ma nuit fut un peu décousue. J'ai eu du mal à trouver le sommeil à cause d'une voisine, imposante et peu discrète qui avait décidé et qui n'avait pas trouvé mieux que de décharger ses courses vers 23 heures, et faisait des allers et venues en claquettes et avec son chariot de supermarché.
Le jour J est arrivé, la pression était à son maximum. Nous nous sommes tous regroupés sur la plage pour écouter les dernières consignes et la traditionnelle bénédiction. Le départ tant attendu fut donné.
La natation a été (comme bien souvent pour moi ) très oppressante avec ce départ de 500 personnes et une première bouée à 200 mètres. Nous avions 2 boucles et une sortie à l'australienne.
Je pense cette fois-ci avoir limité les dégats sur la partie natation. Les entraînements réguliers des deux derniers mois m'avaient redonné confiance. Je me suis accrochée à Renata sur toute la partie natation, en ne quittant pas son maillot rose des yeux.
Le départ avait été donné depuis une bonne vingtaine de minutes, je n'arrivais toujours pas à me 
débarasser du stress. Je regrette que ma partie VTT ne m'ait pas donné plus de plaisir. J'ai le sentiment de ne pas avoir réussi à me détendre totalement. En plus, un bref petit moment de déconcentration et je n'ai pas pu éviter la
chute. Les genoux en sang, je me suis persuadée que je n'avais pas mal et je suis remontée illico sur mon VTT, et du coup encore moins témérère que
d'habitude, alors que c'est peut être là que j'aurais pu faire la différence. Sur un circuit aussi exigeant que Maui, il n'y avait pas le droit à l'erreur de
trajectoire ou à la creuvaison. Le parcours n'était pas forcément technique, il était surprenant et physiquement difficile avec l'ascencion du Volcan
Haleakala. Je sais ce que je dois travailler si je reviens un jour. La partie trail quant à elle, était excactement comme Ruben me l'avait décrite. Les
trente premières minutes furent une fois de plus physiques avec un fort dénivelé, agrémenté d'une chaleur pesante. La plage de Makena avait beau être synonyme de fin de parcours, les deux derniers miles ne sont pas du tout une
partie de plaisir, le sable vous procure cette facheuse impression que vous pesez une tonne. Heureusement, je commençais à voir au loin le gazon très bien entretenu du golf de l'hôtel et la ligne d'arrivée, j'étais très contente de
finir dans de bonnes conditions.
Au final, je termine en 3H46, soit 156 ème sur 522 au départ. Je me place 20ème féminine (sur 154) et 3ème des non-pros (et 2ème dans ma catégorie d'age 30-34). Je suis satisfaite mais certaine de pouvoir faire mieux... ce qui me motive pour l'année prochaine.
Mes souvenirs les plus marquants:
- Le tremblement de terre
- Le départ du triathlon d'Hawaï
- Baignade dans la baie de Cook avec des dauphins à moins de 2 mètres
- Une bonne ambiance au sein du groupe d'athlètes et d'accompagnateurs
- La gentillesse et la disponibilité d'Olivier Marceau
Mes regrets:
- Je n'ai pas assez profité pour faire du tourisme, l'idéal aurait été d'avoir une semaine après la course
- Plus de congés payés jusqu'en juin, çà va être long !
- La prochaine fois j'emmène un ordi portable avec le wifi, c'était
génial de pouvoir communiquer avec Alexis mon fils et ma famille, merci à Joel,
Thierry et Mickael de m'avoir dépannée à plusieurs reprises.
Publié par tocc à 08:54:28 dans Archives | Commentaires (0) | Permaliens